Hervé SIVERA

26 Avril 2007

Hervé SIVERA nous vient du pays des cigales et du romarin. Il est né un 22 février 1969 à Bayonne. Issu d'une fratrie de quatre enfants, Hervé est très jeune déjà plongé dans l'art. Ses parents lui offrent de multiples possibilités d'être en contact avec diverses formes d'expressions artistiques. Ses deux soeurs cadettes fréquentent pendant six ans l'opéra de Marseille comme danseuses, mais avant de passer professionnelles nos deux petits rats abandonnent les tutus et les ballerines. Monsieur Sivéra père quant à lui, se passionne pour le cinéma, la littérature et le dessin; sa maman elle, affiche un goût particulier pour la peinture.
Alors qu' Hervé n'a que trois ans, il se retrouve dans sa première salle obscure devant cet énorme écran blanc sur lequel il découvre avec ces yeux d'enfants, l'incroyable aventure de "Tintin et le lac du requin".
Aujourd'hui Hervé Sivéra est marié et père d'un petit garçon, au goût prononcé pour l'art du grand écran.




FORMATION et EXPERIENCE :

1.Pourquoi avoir choisi la "vidéo" ?

"Je n'aime pas le terme de "vidéo" car cela réduit l'art cinématographique à quelque chose de commun !"
"Très jeune j'ai fréquenté les cinémas et peut-être que cela a influencé mon choix.Je me souviens avoir eu mon premier "choc cinématographique" à l'âge de sept ans quand j'ai été voir le premier volet de Star Wars
de Georges LUCAS.
J'ai toujours eu le goût pour la mise en scène; je me souviens que je faisais jouer des pièces à mes soeurs et que j'adorais organiser les spectacles de fin d'année à l'école.
Mon oncle, réalisateur à France3-Marseille m'a également donné des conseils pour le milieu de la réalisation.
Tous ceci à dû influencer mon choix pour ce médium."


2. As-tu pratiqué d'autres formes d'art ?

"Oui. J'ai un peu joué la comédie, dans les spectacles de fin d'année. J'ai fait un peu de dessin mais je me trouvais assez médiocre; en fait c'est plutôt la notion de travail qui m'a poussé à arrêter. J'ai également fait de la musique. J'ai commencé par la batterie et j'ai continué avec la guitare. Nous avions créé avec des amis un groupe les "Haddock Boys" ( puis "Ananda"). Nous participions à des concerts avec nos compositions personnelles. Tous les quinze jours nous animions des bals avec un autre groupe et là nous interprètions des reprises.


3. As-tu suivi une formation ?

"Quand j'ai vu Star Wars, j'ai été comme aspiré par cette aventure et j'ai éprouvé le désir de rester dans ce monde. Je me suis dit comme je ne peux pas être dans le film, je vais faire des films. J'ai donc fait mes débuts en autodidacte par le biais de la musique, et le sens du rythme.
L'écriture musicale pourrait se traduire par l'histoire, le scénario dans l'expression cinématographique; la création musicale correspondrait à la mise en forme de l'image et le mixage au montage vidéo.
Plus tard en 1997 j'ai fait "l'école atelier cinéma de Marseille".
J'ai choisi l'option "réalisation" en deuxième année mais je n'ai pas terminé mon année scolaire."


4. Pourquoi ?

" J'ai eu l'opportunité de faire un film pour la société de production de mon prof " Comic Strip Production". Il s'agissait en fait de réaliser le making off du premier film de Patrick BOSSO "Rien ne sert de courir". J'ai acquis une bonne expérience et j'ai tourné pour France3 et fait d'autres making off. J'ai donc arrêté l'école du cinéma; l'expérience et les connaissances que j'avais acquises au contact de ces professionnels valait largement les cours dispensés en classe."


5. Ces professionnels qui étaient-ils?

"Il y a eu mes professeurs :

J'ai également tourné avec l'acteur Sofian BELMODEN ("Plus Belle la Vie" )"


6. Aujourd'hui tu travailles plus la "vidéo" par plaisir que d'un point de vue professionnel : pourquoi ?

"C'est une passion et je redoute les "rêgles".


7. Tu es "anti-conformiste" ?

"Oui au niveau du travail. Je redoute que les rêgles m'enlèvent une certaine spontanéité."


8. Si tu pouvais en vivre, où te fixerais-tu ?

"J'éprouve la nécessité de bouger, de voir d'autre chose. Cela dit, d'un point de vu financier, la France peut permettre de faire plus facilement des films que les USA. En Amérique ( surtout Hollywood ) tu dois faire tes preuves pour que l'on s'intéresse à toi. Les acteurs français sont plus enclin à aider un jeune réalisateur, si le scénario, la démarche etc sont intéressants."

 
9. Y a-t'il un acteur connu avec qui tu souhaiterais travailler ?

Jean ROCHEFORT, sans aucuns doutes ou Jean-Paul BELMONDO ou le regretté Philippe NOIRET.


10. Pourquoi ?

Ceux sont des personnes qui s'impliquent et qui sont resté vrais. Ils ont du recul sur le travail du réalisateur, c'est important pour débuter car il n'y a pas de pressions.L'acteur apporte des idées, un savoir-faire, une expérience. Il soumet des idées mais sans les imposer.


11. As-tu rencontré ou travaillé avec des acteurs connus ?

Oui. Patrick BOSSO , Kad MEHRAD, Marina FOYS (troupe des "robins des bois" ).


12. As-tu participé à des festivals, des concours ?

J'ai participé au Festival d'Agen en 2003 avec :

  • "Le meilleur ami de l'homme" en tant que scénariste, réalisateur, monteur.
  • "Superstition" d'Antonio GAMMARIA section montage moyen métrage.

  • J'ai participé pour Canal+ au passage à l'an 2000 avec mon court métrage "Bug life" (scénario, réalisation, montage)




    MOTIVATION :

    Quelles sont tes motivations et tes projets futurs ?

    "La rédemption" reste ma ligne directrice.

    Concernant mes projets, je suis actuellement en phase de "préproduction".
    Je cherche une équipe technique pour la réalisation d'un moyen métrage.
    C'est un projet qui me tient réellement à coeur et pour lequel j'ai besoin d'un minimum de subvention et d'un producteur intéressé par l'idée, la démarche, le scénario.....




    HERVE SIVERA ET LES AUTRES :

    Nous avons tous des artistes de référence, que l'on affectionne tout particulièrement.....
    1. Peux-tu m'en citer quelques uns qui ont marqué ton parcours artistique ? Qu'est-ce qui t'attire en eux ?

    Je prendrai en exemple des réalisateurs dont l'oeuvre les a dépassés.

    Ce sont des personnes qui ont mis leur vie entre parenthèses pour leur oeuvre.
    Il n'intellectualise pas les choses mais les vivent.

    Je citerai donc :

    • Orson WELLS qui à réalisé son premier film à 25 ans et qui a révolutionné le cinéma
    • Stanley KUBRICK donne tout à son art, désir d'atteindre la perfection et est prêt à brûler son oeuvre si elle ne correspond pas à ses attentes.
    • Georges LUCAS fait une crise cardiaque et frôle la mort pour son travail. La sortie du premier volet de Star WARS
      va elle aussi révolutionner le cinéma.
    • Francis COPPOLA va mettre deux ans pour tourner "Appocalypse Now".



    TRAVAIL ET INSPIRATION :

    1.Quels sont tes sujets de prédilections et pourquoi ?

    "La folie dans tous ses états. j'aime faire basculer les gens dans un autre monde; les faire passer d'un "état de normalité" à celui de l'autre en face que l'on perçoit "hors norme". Faire en sorte que l'état "anormal" phagocyte l'état "normal"; adopter un point de vue qui n'est pas le sien.


    2. Comment travailles-tu ? de l'idée à la réalisation jusqu'au résultat final?

    "C'est l'obsession !Je ne pense qu'à ça tout le temps. Tout se fait d'abord dans la tête, je suis dans un état d'ébullition constant.
    Ensuite c'est plus pausé......à peine plus lol. Il est important d'être entouré d'une bonne équipe avec des points de vue qui se rejoingnet afin que le résultat final colle à mon idée.


    3. Quel regard portes-tu aujourd'hui sur tes réalisations ?

    "J'ai du mal à prendre du recul mais je pense que l'on peut toujours faire mieux et perfectionner son travail.
    Cela dit "Le meilleur ami de l'homme" ne serait pas loin d'une certaine satisfaction à mes yeux. Il s'en dégage un bon climat, une réponse à mes attentes par rapport au public, surtout sur la fin qui reste assez surprenante....."


    4. Si tu devais faire un remake d'un film lequel ce serait ?

    "En fait ce ne serait pas un remake, ce serait bien trop prétentieux de ma part. Ce serait plutôt une réactualisation du film :
    "M le maudit" de Fritz Lang.


    5. J'ai pu remarquer que c'est surtout le cinéma USA qui te séduit . Comment te positionnes-tu par rapport aux autres cinéma ?

    "J'ai grandi dans un cinéma très nerveux mais je pense que le cinéma français traite de manière plus sensible les sujets qu'il raconte. De plus une grande partie de mes réalisateurs préférés ne sont américains que d'une génération et ont donc une certaine sensibilité européenne.
    J'apprécie également le réalisateur japonnais Takeshi KITANO pour son film " AnaBi". Un film très pictural et poétique.
    L'anglais Ken LOACH " My name is Joe " ou "Land and Freedom" qui serait plutôt du registre fresque sociale, documentaire."
    "J'aime aussi les vieux films de Chaplinpar exemple qui met en images de magnifiques fresques sociologiques."




    HERVE ET L'ART :

    1.Y a-t'il d'autres formes d'expressions artistiques qui pourraient t'attirer et pourquoi ?

    "Oui, la musique car c'est un vecteur facile pour l'expression des sentiments et des émotions. C'est quelque chose d'universel.
    Le dessin également avec un apprentissage, parceque ça se rapproche du cinéma sans le lourd processus matériel de création !"


    2. Quel est ton comportement quand tu vas voir un film au cinéma ?

    "Quelques jours avant, je me prépare psychologiquement. C'est pour moi presque un acte mystique, c'est comme une communion avec le réalisateur, la salle serait comme un temple. Quand je sors de la séance il est important pour moi d'en parler comme après un sermon."


    3. Quel regard portes-tu à un film au cinéma ? Tu l'analyses par rapport à ton expérience de réalisateur/monteur ou tu l'apprécie comme n'importe qui ?

    "Si le film est bon je sui happé par lui et je ne l'analyse pas pendant la séance. Je peux revoir plusieurs fois un même film s'il m'a plu et c'est là que je "critique". Si j'analyse d'emblée, c'est que le film n'est pas captivant."




    CONCLUSION :

    Quelles sont tes motivations et tes projets futurs ?
    En tant que spécialiste de l'image en mouvement que penses-tu de la photographie?

    "La photographie est un art compliqué mais majeur.

    En photo tu dois avoir la représentation de ce que tu veux avant de déclencher. J'ai fait de la photographie mais j'ai arrêté parceque je ne peux pas me focaliser sur une idée précise de ce que je veux. Le cinéma, c'est un agencement des plans comme tu le souhaites."




    QUESTIONS DIVERSES / MAKING OFF :
    - Si tu avais un conseil à donner à quelqu'un qui souhaite débuter dans le cinéma ?

    "Pratiquer, pratiquer, pratiquer !"


    - Quel est ta pratique préférée : réalisation de scriptes, tournage, montage.....?

    "Le montage a été une nécessité à un moment donné. C'est l'intéllectualisation, la rationnalisation des émotions qui ont poussées à filmer.
    Filmer c'est tout autre chose, c'est jouissif !
    Je pense qu'un réalisateur doit savoir faire du montage parceque c'est la mise en forme de sa pensée !"


    - Penses-tu que les séries TV tuent le cinéma ?

    "Non je ne pense pas parceque beaucoup de réalisateurs ou d'acteurs débutent dans des séries TV !"


    - Si tu avais un "coup de gueule" ?

    "C'est bien de donner des instruments aux gens pour créer mais il faudrait aussi leur donner les moyens de se faire connaître. Il faudrait donner des structures qui aident les personnes talentueuses à évoluer qui leur donne une chance il faut arrêté l'ellitisme. Aujourd'hui sans piston tu as du mal à percer !"

    Interview réalisé par: Sandra GINGLINGER
    photos: Thierry SCHOENENWALD